top of page
Rechercher

Constats d'une étape d'enseignement par diagnostic (et un pardon aux socioconstructivistes)

  • Photo du rédacteur: William Dion
    William Dion
  • 13 nov. 2025
  • 8 min de lecture

La première étape de l’année tire à sa fin, la première tempête de neige nous à frappé, il est maintenant l’heure des premiers constats : 

  1. Le travail en dyades (3) fonctionne : + 15.79%

  2. Le développement de la métacognition via la pédagogie par l’erreur donne des résultats

  3. Lien direct entre le travail différencié fait en classe et les résultats

  4. Les périodes de révision sont cruciales pour la réussite


Le déroulement des cours 11 à 20.


La seconde moitié du premier chapitre se déroulait en neuf cours : 

  • 5 ½ de matière

  • 1 ½ de révision

    • ½ période de questionnaire Entic

    • 1 période de révision en groupe

  • 2 périodes d’évaluation


L’objectif de la seconde moitié du premier chapitre était de débuter la différenciation en classe. Tel que discuté dans mon dernier billet, les élèves ont été séparés en trois groupes selon la matrice autonomie/résultats. 


Le premier cours suivait les évaluations de mi-chapitre, durant lesquelles plusieurs élèves étaient en sortie. Le bilan diagnostic initial est donc difficile à établir par manque de notes. En attendant un bilan complet, Entic sert de soutien temporaire pour offrir une différenciation minimale et guider la progression.


La nouvelle procédure (expliquée dans le billet de blogue suivant : Établir les bases - L'enseignement par diagnostic en pratique) en plan de travail différencié est introduite au troisième cours. Les élèves sont séparés en trois groupes : 

  1. Cercles : Réalisent des tâches, de leur choix, de façon autonome.

  2. Triangles : Réalisent quelques tâches imposées, puis sont autonomes par la suite.

  3. Carrés : Réalisent les tâches imposées.



Ce type de plan de travail est conçu pour répondre aux exigences de l’enseignement par diagnostic, comme démontré au document suivant : Enseignement par diagnostic.pdf .


Les activités cognitives plus exigeantes, notamment le déboulonnage et l’analyse de documents, ont très bien fonctionné auprès des élèves les plus forts et autonomes (Faut-il déboulonner John A. Macdonald). Ces derniers ont démontré une excellente capacité à analyser, prioriser et corriger leurs erreurs. Plusieurs dyades ont aussi bien travaillé grâce à une posture claire des attentes. L’analyse d’images, de graphiques et les exercices de causalité semblent porter fruit et renforcent les apprentissages.


Malgré quelques élèves plus lents ou démotivés, l’ensemble du groupe montre une bonne réceptivité au plan de travail. Chez les élèves moins motivés, le morcellement des tâches et la réactivation des apprentissages contribuent à redonner de l’engagement. 


Les modelages sur la divergence, la causalité et l’analyse de texte ont été parfois plus difficiles, mais utiles pour consolider les méthodes. Certains élèves ont été convoqués en récupération pour renforcer leur compréhension.


Le travail sur cahier et sur Entic montre une progression métacognitive notable : plusieurs élèves prennent conscience de leurs erreurs (lecture de question, vocabulaire, confusion de concepts). Le modelage étape par étape semble particulièrement efficace.


Une période plus difficile a eu lieu lors de la tentative de schématisation globale : le schéma construit manquait de structure et n’a pas relié adéquatement les phénomènes. Il faudra revoir la logique d’organisation – notamment placer la migration comme colonne vertébrale du demi-chapitre – et mieux préparer les élèves en vue de l’examen, qui arrive après une fin de semaine.


Constats après une étape


Pour bien comprendre les réussites et les défis à venir, les constats sont présentés du plus global au plus spécifique. Ces statistiques sont basées sur les évaluations d’Opérations Intellectuelles de mi-chapitre et de fin de chapitre 1. 


Tout d’abord, la moyenne du groupe est restée sensiblement identique avec une progression de -0,76%.


Lors de la mi-chapitre, les priorités suivantes avaient été ciblées, pour tout le groupe, par la plateforme Entic. : 


  1. Analyse de texte : +8%

  2. Trouver le bon document : 

    1. Mettre en relation des faits : +5%

    2. Questions sans documents* : +2%

  3. Causes et conséquences : 0%

  4. Liens de causalité : -8%

  5. Convergence et divergence : +28%

*Questions dans lesquelles le document n’est pas nommé. L’élève doit initialement faire une discrimination des documents disponibles afin de pouvoir répondre adéquatement à la question. 


Ces résultats montrent des résultats ambivalents pour l’ensemble du groupe, hormis la convergence et divergence qui a fait preuve d’une forte amélioration. 


Il est intéressant maintenant de séparer les élèves par niveau de progression. Avant de se faire, il est crucial de faire comprendre une des statistiques utilisée pour faire ces analyses : La présence d’un document donné dans la question. Les questions d’OI peuvent nommer, ou non, le document demandé. Cette différence, en apparence anodine, peut nous en dire long sur l’élève : 

  • Questions avec document donné : Ce type de question demande de répondre en lien avec le document donné. C’est-à-dire que l’élève doit impérativement analyser le document afin d’y répondre. Ce type de question nous permet de vérifier la capacité d’analyse documentaire de l’élève. Une réponse vraie, mais pas en lien avec le document, ne permet pas d’obtenir tous les points. (Merci à mon collègue Benjamin d’avoir alimenté ma pensée quant à cet aspect!)

  • Question sans document donné : Ce type de question ne mentionne pas le document. Cependant, un document est bien associé à la question. L’élève doit tout d’abord discriminer le dossier documentaire pour trouver un document qui puisse l’aider. 


L’élément intéressant survient lorsque l’on compare la réussite d’un élève aux deux types de question (avec l’aide de facteurs qualitatifs) : 

  

Présence de document dans la question

Avec

Sans 

Explication potentielle

Actions à prendre

62%

18%

Élève peu autonome. Absent lors de la révision. Peut signifier un manque d’étude ou de compréhension. 

Présence en classe et en récupération. Structurer l’étude.

85%

23%

Élève très motivé mais en difficulté. A fortement amélioré son analyse documentaire. A de la difficulté avec la matière, malgré l’étude. 

Excellente analyse de texte. Doit améliorer sa discrimination de textes dans le dossier documentaire. 

77%

95%

Élève très fort. Connaît déjà la réponse sans le document. 

Perd parfois des points car il ne répond pas selon le document. Ralentir et analyser. 

31%

55%

Élève en difficulté et ⅓ de temps. Prend du temps à analyser les documents, malgré une bonne connaissance de la matière.

Trouver des trucs pour discriminer et analyser rapidement les documents. Pratiquer la recherche et l’analyse de documents. 


Les explications sont hypothétiques, mais peuvent servir de base à la discussion avec l’élève. 


Progressions négative


Les prochains tableaux présentent les cinq élèves avec une progression négative, ainsi que quelques pistes d’explications pour chacun : 


Progression négative entre le premier et le second examen

Progression

Explications potentielles

-29.77%

Manqué une période de matière et une de révision. Manque d’étude.*

-19.80%

Manqué une période de révision. Manque d’étude.

-14.75%

Manque d’étude.

-12.43%

Difficile à expliquer. Présent en récupération et effort soutenu. Difficulté à analyser correctement les documents, surtout texte. 

-10.96%

Manqué 2 périodes de matière. Présent en récupération et effort adéquat. 

 *Note dans les questions sans documents combiné au niveau d’autonomie observé permet d’établir cette explication potentielle. 


Pour les deux derniers élèves du tableau, leurs résultats me laissent très perplexes. Ces derniers devront être calibrés suite à des discussions personnelles avec les élèves en question. Le tableau démontre cependant des explications potentielles intéressantes pour les trois élèves avec les baisses les plus significatives. 


Il est d’ailleurs intéressant de calculer l’impact de l’absentéisme sur la progression des élèves. Le tableau suivant illustre la différence en progression selon la présence ou non d’absentéisme : 


Absentéisme et progression 

Élève

Absentéisme Cours-matière 

Absentéisme 

Cours de révision

Progression moyenne*

Élève A

1

1

-29.77%

Élève B

1

1

-7.57%

Élève C

2

0

-10.96%

Élève D

0

1

-19.80%

*Il existe une forte corrélation entre l’absentéisme, la progression négative et le résultat aux questions sans documents. Cette corrélation semble indiquer un manque de savoirs et/ou d’étude. 


Il faut toutefois noter que quelques élèves ont vu leur note descendre malgré leur présence et un effort soutenu. Il faut évidemment faire attention aux explications mono-causales. 


Progressions positives


Plusieurs élèves ont vu le fruit de leurs efforts être récompensé lors de la fin du chapitre 1. Au total, six élèves ont vu leur note augmenter au-delà de 10% par rapport à l’évaluation de mi-chapitre. Le tableau suivant présente ces cas : 


Progression positive entre le premier et le second examen

Progression

Explications potentielles

40.66%

Travail en dyade. Effort soutenu. Présence en récupération.

22.06%

Travail en dyade. Effort soutenu. 

15.95%

Métacognition de ses erreurs. Utilisation accrue des documents.

14.15%

Travail en dyade. Facilité à l’école. A reconnu ses erreurs du premier examen et les a corrigées.

13.82%

Gains métacognitifs significatifs. Utilisation de l’auto-correction très efficace. 

13.16%

Intervention individualisée avec l’enseignant en classe et récupération. Effort soutenu. 

Selon ce tableau, trois éléments semblent avoir contribué à ces succès :

  • la pratique métacognitive associée à la pédagogie par l’erreur

  • le travail individualisé

  • le travail en dyade


Ce type de travail a été accordé à trois dyades à leur demande. Dans chaque dyade, un élève dit aidant (autonome et en réussite) accompagne un élève dit aidé (en difficulté, mais avec un niveau minimal d’autonomie).


Les élèves aidants avaient la flexibilité de travailler sur diverses tâches et pouvaient choisir d’aider leur collègue aidé. Pour obtenir ce privilège, ils devaient s’engager à être sérieux dans leur démarche.


Les résultats sont visibles dans le tableau suivant :


Progression des élèves en dyade


Élève

Évaluation 1

Évaluation 2

Progression

Dyade 1

Aidé

53,49%

60,00%

6,51%


Aidant

74,42%

88,57%

14,15%

Dyade 2

Aidé

46,51%

68,57%

22,06%


Aidant

76,74%

85,71%

8,97%

Dyade 3

Aidé

27,91%

68,57%

40,66%


Aidant

60,47%

62,86%

2,39%


Force est d’admettre que les socioconstructivistes avaient identifié une source de réussite. Je m'excuse donc à tous mes professeurs d'université à qui j'ai donné du fil à retordre... Ces résultats figurent parmi les plus significatifs de cette première étape.


Plan de match individualisé


L’analyse des données permet d’obtenir plus d’informations sur les réussites et défis de chacun. Elles racontent une histoire sur chaque élève. La matrice suivante tente d’illustrer ces histoire : 


Matrice autonomie/réussite


Cette matrice illustre l’efficacité des actions prises lors des dix derniers cours. Les informations recueillies sont encore limitées pour tirer des conclusions définitives, mais elles permettent de corriger le tir rapidement.


L’approche devra être ajustée selon la progression démontrée par chaque élève : 

  • Amélioration (28%) : L’approche utilisée avec l’élève semble fonctionner. Continuer.

  • Stable (36%) : Besoin de plus de temps pour déterminer la bonne approche. Certains sont déjà très performants, donc difficile d’aller dans la catégorie amélioration.

  • À surveiller (16%) : Progression légèrement négative. Vérifier s’il s’agit d’une évaluation ou d’une tendance plus forte. 

  • Action requise (20%) : L’approche actuelle ne semble pas fonctionner. Parfois une question d’absentéisme, mais d’autres sont plus difficiles à expliquer. Un questionnement plus approfondi doit être fait. 


Pour conclure


L’enseignement par diagnostic met l’emphase sur la culture des données pour épauler les décisions de l’enseignant. Il est cependant important de rappeler que ces données ne sont pas une finalité. Elles servent à émettre des hypothèses et, surtout, à débuter un discours personnalisé avec chaque élève.


C’est pourquoi, dans les premières périodes de la deuxième étape, chaque élève sera rencontré individuellement pour discuter de son début d’année. Bien que chronophage, cette démarche vise à augmenter la motivation de l’élève dans sa propre réussite. Elle permet également de vérifier les impressions de l’élève sur son travail. Cet exercice est tout aussi utile sur le plan métacognitif que relationnel.


La planification de la prochaine étape débute maintenant. Pour ce qui est du plan de match personnalisé, il devra attendre les discussions avec les élèves. Ce sera l’objet d’un prochain billet!


William Dion


P.S. : Je me suis limité à environ 20% des statistiques intéressantes découvertes lors de l’analyse de cette première étape. Pour ceux qui voudraient en savoir plus, je me cherche toujours des gens qui aiment pousser le bouchon toujours trop loin!!


 
 
 

Posts récents

Voir tout
bottom of page